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Plantes d'herbes

Maladie d’Hashimoto : Comment j’ai appris à vivre avec !

Dernière mise à jour : 7 oct. 2022


Si un jour on m'avait dit ce qui allait m'arriver à l'âge de 26 ans, je ne l'aurais jamais cru. Et pourtant, c'est bien arrivé.

Laissez-moi vous raconter le jour où la maladie d'Hashimoto est venue mettre le désordre dans ma vie, pour tout mieux remettre en ordre.



Je m’appelle Anaïs Damour et j’ai la maladie d’Hashimoto : une maladie auto-immune où le système immunitaire attaque la thyroïde.

Qu'est-ce que la thyroïde ? Une glande endocrine qui joue un rôle fondamental dans plusieurs fonctions vitales de l'organisme.

Quelles sont les conséquences possibles de la maladie ? Une destruction de la thyroïde et des symptômes handicapants (fatigue extrême, dépression, anxiété, troubles de l'humeur, prise de poids, frilosité, perte de cheveux, etc).


AVANT LE DIAGNOSTIC

La maladie s’est déclenchée lorsque j’avais 26 ans. À cet époque, je venais d’être fraîchement diplômée d’un Master en International Business et je commençais ma vie de jeune femme active dans une société de conseil à Francfort (Allemagne).

J’étais heureuse, bien entourée, je voyageais aux quatre coins du monde et je souriais tout le temps.

En parallèle, cela faisait des mois que je me sentais fatiguée. Mais ayant des impératifs au travail, je me focalisais sur mes missions professionnelles plutôt que sur ma santé. Je n'ai malheureusement pas écouté les signaux de mon corps qui m'indiquait pourtant un manque de repos, du stress quotidien, des troubles digestifs et une hernie cervicale.


JANVIER 2019

En janvier 2019, j'attrape la mononucléose infectieuse et reste clouée au lit pendant une sacrée bonne semaine. Encore une fois, je ne m'écoute pas et continue de vivre à cent à l'heure, alors que je suis épuisée.

Pour couronner le tout, je trouve la "bonne" idée d'ouvrir une porte du passé fermée depuis dix ans sans prendre le temps de savoir si je suis prête pour ce moment de vie.

Et c'est ainsi que j'ai de moi-même déclenché mon choc émotionnel.

À cette période, je n'écoute ni mon corps, ni mon esprit. Alors, ce qui devait arriver arriva. Le 6 février 2019, je tombe d’épuisement. Mon corps craque, ma vue devient floue, je ne peux plus me lever, ni marcher. J'ai des vertiges, ainsi que des douleurs abdominales.

Par la suite, je me retrouve dans un état de brouillard mental et fais l'expérience de pertes de mémoire et de montées d’angoisses. J'ai cette sensation que mon corps fonctionne au ralenti. Je ne contrôle plus rien. J'ai l’impression d’être dans un manège à sensation forte et que tout part dans tous les sens. Mes émotions et les ressentis dans mon corps sont inexplicables. Je souffre, mais je n'ai pas la force de réfléchir, ni d’expliquer et surtout, comment expliquer quelque chose que je ne comprends pas ?


Un mois plus tard, je suis toujours dans un piteux état. Je souffre physiquement et émotionnellement.

Je vais consulter plusieurs médecins qui viennent tous à la même conclusion : « Vous êtes en parfaite santé. Tout est dans votre tête. »

Comment peuvent-ils me dire cela ? Je me souviens que quelques jours auparavant, j'ai ressenti une douleur si intense que mes larmes ont coulé sans que je ne puisse les arrêter.

J'ai souffert comme je n'avais jamais souffert dans ma vie.

C'était une douleur venant de toute part et interminable. Si interminable que je n'avais qu'une envie : sortir de mon corps. C'était officiel, mon corps était devenu ma prison.

Pendant que je souffre sur tous les plans de l'être, des personnes autour de moi me donnent un avis sur MA santé (car apparemment, c'est acceptable de donner son avis sur la santé d'autrui) du type : "tu es en dépression", "tu es faible", "tu joues la comédie", "tu es encore fatiguée", "tu fais un burn-out".

À partir de ce moment, je réalise que quelque chose cloche. Il est hors de question que je reste dans cette situation. Je veux redevenir heureuse. Il est temps de devenir actrice de ma santé.


JUIN 2019

Après cinq mois à vivre un calvaire appelé errance médicale (partagée entre des multiples prises de sang, des visites médicales et des recherches personnelles intensives), le diagnostic tombe enfin : « Vous avez une thyroïdite auto-immune ».


Un soulagement immense. Je ne suis pas folle ! Il se passe bien quelque chose.

Puis vient la tristesse. Je suis malade et on me propose un traitement à vie. Pourquoi moi ?

Enfin arrive la colère. J'ai consulté de multiples médecins et aucun d’entre eux ne m'a pris au sérieux ?

Suite au diagnostic, on me donne de la L-Thyroxin à 25 μg et on me laisse me débrouiller avec mes symptômes, sans excuses, sans rien.

Au final, la chose qui m’a sauvé, c’est mon envie de me battre et de ne pas laisser une maladie me changer plus qu’elle ne l’avait déjà faite.

Mon envie de retrouver ma joie de vivre et ma blessure de l'injustice ont eu raison de moi. Et heureusement !


En découvrant le diagnostic, je peux enfin commencer à me renseigner. Qu'est-ce que ça veut dire thyroïdite ? Et auto-immune ?

De là, j'entreprends un vrai travail de recherche. Je suis encore dans un brouillard mental, mais j'ai un objectif : récupérer ma santé pour enfin vivre ma vie.

Alors, je lis tout ce qui touche aux pathologies de la thyroïde. Des ouvrages, des études médicales, des témoignages, en anglais, en allemand, en français.

Et pour m'accompagner dans cette quête, j'achète un carnet sur lequel je gribouille toutes les informations importantes pour comprendre le fonctionnement de la maladie auto-immune d’Hashimoto.


JUILLET 2019

J'ai la chance de pouvoir lire "Hashimoto's protocol" d'Izabella Wentz, une pharmacologue américaine, qui explique avec une telle simplicité les mécanismes de la maladie auto-immune d'Hashimoto. Elle propose également un protocole de 90 jours basé sur des changements alimentaires et un changement de mode de vie.

Je décide de me lancer.

Qu’est-ce que j'ai à perdre de toute façon ? Je n'ai toujours pas retrouver la vue complète et je ne me souviens toujours pas de ce que j'ai fait le matin même !

Du jour au lendemain, j'adopte une alimentation anti-inflammatoire et je commence à utiliser des techniques pour mieux gérer le stress. En parallèle, je commence une thérapie brève pour me nettoyer sur le plan émotionnel. Tant qu'à faire, autant y aller à fond !



NOVEMBRE 2019

Après des efforts au quotidien à rester positive et à maintenir une hygiène de vie irréprochable, j’ai retrouvé ma santé. Je peux refaire du sport, je souris de nouveau, ma vue est revenue, je me souviens de ce que j’ai fait la veille, mon brouillard mental a disparu et j’ai retrouvé mon corps initial.

Bien évidemment, il y a des jours où je me sens déprimée ou de mauvaise humeur. Mais à qui cela n'arrive pas ?

« Vivre avec Hashimoto, ce n’est pas facile tous les jours, car la thyroïde nous joue des tours selon les périodes. Essayer de rester positif, c’est faire un grand pas pour ne pas laisser la maladie prendre le pas sur nous. »

JUILLET 2020

Après un rendez-vous avec mon endocrinologue, elle me propose d'arrêter mon traitement sous L-Thyroxin. Selon elle, je n'ai plus besoin du médicament.

Mon changement de vie m'a permis de réduire l'inflammation et d'équilibrer ma thyroïde. Je suis choquée et extrêmement heureuse. Alors, j'accepte !


SEPTEMBRE 2022

Je vis toujours sans traitement à ce jour. Je me sens bien et je n'ai plus de symptômes. Je suis épanouie, active et j'ai retrouvé un chemin vers la santé grâce à un bonne hygiène de vie.

Pour être honnête, il y a eu des périodes où l'inflammation est remontée (et mes hormones thyroïdiennes ont fluctué). Aujourd'hui, j'ai compris que mon Hashimoto était exacerbé en cas de stress chronique, de charge mentale, de consommation d'aliments riches en histamine et/ou en période hivernale.

Comme je n'ai pas perdu mon optimisme, je préfère voir le côté positif des choses : vivre avec une maladie auto-immune, c'est aussi avoir un corps qui parle lorsqu'on ne s'écoute pas assez. Et en terme de connexion corps-esprit, on ne peut pas faire mieux.

Au final, j'ai officiellement appris à vivre avec cette maladie. Alors, je repars gagnante avec une meilleure santé, un peu plus d'intelligence émotionnelle et surtout la gratitude de pouvoir vous écrire ces mots.


Anaïs Damour


 




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